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Mathieu Amalric offre sa Tournée

Blog de la rédac | Flair a vu

06 juillet 2010

Après nous avoir arraché des larmes dans Le scaphandre et le papillon, affronté James Bond dans Quantum of Solace, il revient devant et derrière la caméra de Tournée, comédie en demi-teintes autour d'un producteur et sa troupe de stripteaseuses burlesques.

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Arriver devant le public avec un film encensé à Cannes, c'est un plus?
"On goûte juste les choses, tout est une surprise. Se retrouver sélectionné à Cannes, retrouver l'équipe, vivre l'instant présent, les applaudissement qui durent, les filles qui pleurent alors qu'elles voulaient faire les fières. Elles se sont fait avoir par l'émotion. Je leur avait dit 'Faites gaffe, si ça se passe bien, les applaudissements, vous allez voir?Ouch!' Mais ça ressemblait à ce que je voulais rattraper, capturer, ces femmes, ces héros, ces failles? Cette montée de marches extravertie, extravagante et puis, derrière, l'émotion!"

Comme le film: on attend une comédie burlesque, on assiste à un drame sur des écorchés?
"Ce n'est pas un documentaire sur le New Burlesque, c'était très écrit, très travaillé. C'est étrange, à cause du côté fanstasque, beaucoup de gens comparent le film à l'univers de Fellini, avec son énergie. Mais regardez bien les films de Fellini, c'est juste dramatique; Beaucoup de gens l'oublient mais dans la Dolce vita, le personnage joué par Alain Cuny se suicide après avoir tué ses enfants. C'est tragique!"

On craint aussi ici une issue tragique?
"Ça me fait plaisir que vous me disiez ça. J'ai vraiment voulu joué sur les deux faces permanentes des personnages. Des gens qui rient tout le temps, qui se déguisent, c'est suspect. Il y a forcément des douleurs et des combats derrière tout ça."

Avec vos actrices rondes, vous faites aussi la nique aux critères de beauté actuels?
"C'est ça le burlesque au départ, un mouvement gothique lesbien, en colère contre l'exploitation sexuelle de la femme. Mais ils combattent par le show. Ici, les filles sont toutes plutôt rondes, mais c'est un hasard. Dans le milieu, il y a aussi des femmes très maigres, des naines? J'ai avant tout été attiré par les numéros qu'elles présentaient."

Il paraît que vous vouliez confier votre rôle à Alain Chabat?
"Je ne devais pas jouer ce rôle. Il faut savoir que je ne fais pas de casting, je n'aime pas dire à quelqu'un 'vas-y, montre-moi ce que tu peux faire, plais-moi' Non, vraiment, je n'aime pas. J'écris les rôles en pensant à des gens. Ici, j'ai écrit ce rôle en pensant à Benoît Poelvoorde. Il ne le sait pas. J'étais allé voir Cowboy, un film étonnant, que les gens ne sont pas allés voir, pas assez. J'ai ensuite pensé à Alain Chabat, producteur français fasciné par l'Amérique. Je l'ai rencontré, je lui ai montré deux, trois images, sans même lui montrer le scénario et il était partant. Mais il avait autre chose en cours. C'est lui qui m'a alors proposé de jouer le rôle. J'avais pas envie, j'ai trop joué, c'est chiant de jouer, je m'ennuie moi-même. Je me suis finalement protégé derrière la moustache, je me suis ajouté ces cheveux blancs et c'était parti, entouré de ces forces féminines."

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Tournée, dans les salles actuellement.

Interview: Sigrid Descamps au Festival du Film de Bruxelles

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